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Article dans "La République du Centre"
« À Olivet, un projet de centrale agrivoltaïque qui électrise certains riverains » par Dimitri Crozet
Quelques précisions à lire ici.
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🌿 Le projet en quelques mots
Une centrale agrivoltaïque (panneaux solaires + moutons en pâture) est projetée sur une friche de 28,8 hectares située aux portes d’Orléans, sur la commune d’Olivet (45).
Cette zone constitue aujourd’hui un espace naturel riche en biodiversité, utilisé également par les riverains comme lieu de promenade et de respiration dans un contexte d’urbanisation croissante.
🌿 Pourquoi cette friche est importante ?
Une friche n’est pas un terrain vide.
Le site accueille plus de 341 espèces animales et végétales recensées ainsi que 17 habitats identifiés.
Certaines espèces sont protégées, d’autres présentent des enjeux de conservation particulièrement importants.
Cette friche constitue également une bulle de nature et de verdure à proximité immédiate de la ville.
Elle constitue un réservoir de prédateurs qui peuvent réguler les espèces susceptibles d’impacter les cultures, que ce soit en arboriculture ou en horticulture qui sont toutes les deux fortement présentes sur le territoire d’après le résumé non technique.
🦉 Une biodiversité remarquable
Quelques chiffres :
- 341 espèces recensées
- 54 espèces protégées
- 21 espèces à enjeux
- 2 espèces végétales rarissimes
- 17 habitats identifiés
📸 Observations de terrain
Ces photographies ont été réalisées au fil de plusieurs années d’observations sur la zone concernée par le projet.
Elles montrent une partie de la faune fréquentant le site : oiseaux nicheurs, espèces migratrices, prédateurs en chasse ou encore mammifères observés lors des promenades.
Certaines espèces observées ne semblent pas figurer dans l’étude d’impact alors qu’elles utilisent pourtant la zone pour s’alimenter ou la traversent régulièrement.
Parmi les espèces photographiées :
- Hypolaïs polyglotte
- Linotte mélodieuse
- Bondrée apivore
- Hibou moyen-duc
- Tarier pâtre
- Aigle botté
- Œdicnème criard
- Circaète Jean-le-Blanc
- Traquet motteux
- Pie-grièche écorcheur
- Alouette des champs
Photographies de François Le Moing
Photographie de Virginie Bourget
⚖️ Ce que dit (et ne dit pas) la réglementation
La réglementation se concentre principalement sur certaines espèces dites « à enjeux ».
Pourtant, la richesse écologique du site dépasse largement ce cadre réglementaire.
De nombreuses espèces protégées ou patrimoniales contribuent à la valeur écologique globale de cet espace.
Certaines espèces végétales rares font même l’objet de mesures de transplantation envisagées dans le projet.
Cette page ne remplace pas le dossier officiel mais propose une synthèse accessible au grand public.
🔥Pourquoi ce projet pose questions ?
Une nature proche des habitants
Alors que l’urbanisation progresse, les espaces naturels accessibles à proximité des villes deviennent de plus en plus précieux.
Cette friche constitue un lieu de promenade, d’observation de la nature et de respiration pour de nombreux habitants.
Une biodiversité remarquable
La richesse du site est exceptionnelle à l’échelle locale.
D’autres solutions existent !
Le développement du solaire peut également passer par :
- les toitures,
- les parkings,
- les surfaces déjà artificialisées.
Sans détruire un espace naturel riche en biodiversité.
Le risque incendie
Plusieurs riverains ont également exprimé leurs inquiétudes concernant le risque incendie dans un contexte de sécheresses et de canicules de plus en plus fréquentes.
Le cadre de vie radicalement transformé
Les panneaux photovoltaïque ont leur place dans la transition énergétique. Ne serait-il pas préférable de les installer sur des espaces déjà artificialisés plutôt que sur chaque espace naturel disponible ?
Quel paysage souhaitons-nous transmettre aux générations futures : des espaces naturels vivants ou un champ de panneaux photovoltaïques ?
📰L’article de presse dans « La République du Centre »
Le journaliste Dimitri Crozet a écrit un article dans le journal local : « À Olivet, un projet de centrale agrivoltaïque qui électrise certains riverains ». Il est publié le 4 juin 2026.
Retrouvez l’article sur le site de la République du Centre, dans la version pdf ou papier (page 16).
Quelques précisions concernant mon témoignage :
- les espèces protégées sont bien prises en compte, mais je considère que les mesures proposées ne répondent pas suffisamment aux enjeux écologiques du site ;
- lorsque j’évoque « le tas de ronces », c’est par rapport à l’image négative que l’on se fait souvent des friches. En réalité, les ronciers sont des habitats extrêmement riches en biodiversité.
Aurore Mignan précise que les dépôts sauvages sont aux abords des chemins d’accès du futur parc, donc ça ne changera rien au problème des déchets.
📚 Nos contributions à l’enquête publique
Florent Bourget
Le 04/05/2026 à 17:06
Monsieur le Commissaire enquêteur ,
En tant que riverain, je déplore que la nature paye (encore) un lourd tribu à travers ce projet de la société SASU chemin du bois Semé à Olivet !
Vu dans l’étude d’impact faunistique et floristique réalisée par Ecosphère, de nombreuses espèces sont concernées. En effet leurs habitats vont être détruits et cloisonnés.
Pourquoi sacrifier une tel surface (28 hectares) riche en biodiversité au porte de la ville alors que tant de surfaces de toits ou de parking restent à équiper en panneaux solaires !
Sans compter sur l’impact visuel à l’entrée d’Olivet !
C’est un projet économique basé sur le profit immédiat pas sur l’avenir !
Je suis fermement opposé à ce projet et au sacrifice de la nature qui en résultera immanquablement.
Elle souffre déjà assez (voir les disparitions alarmantes d’espèces depuis 40 ans !)
Quel dommage que nous ne tenions pas compte de nos erreurs, nos enfants le paieront malheureusement… c’est scandaleux !
Cordialement
Florent B.
M. C.
Le 24/05/2026 à 18:39
Monsieur le Commissaire enquêteur,
En tant qu’habitante d’Olivet, attachée à son cadre et la richesse de la biodiversité de la commune, je suis opposée à ce projet. Il revient en effet à artificialiser, dégrader le sol, réduire la diversité végétale et les habitats potentiels pour de nombreuses espèces de plantes (dont 7 espèces d’intérêt patrimonial), insectes, oiseaux (36 espèces nicheuses…), reptiles….C’est aussi une zone de nourrissage pour 13 espèces de chauves-souris, des rapaces (circaete…)…Une friche n’est pas une zone sans vie, bien au contraire, c’est souvent une zone refuge, surtout en milieu périurbain pour de nombreuses espèces, surtout aux premiers stades d’évolution de la friche, car les espaces ouverts non cultivés se font rares. Pour cette raison les papillons par exemple figurent parmi les espèces les plus menacées. On connait encore mal l’impact des panneaux sur les oiseaux, les insectes aquatiques, les chauves souris mais l’implantation en bordure d’un important boisement de Sologne sur une surface très importante (presque 30ha) me semble inquiétante et de nature à entrainer des perturbations sur la faune.
De plus face au risque d’incendies, qui s’accroit avec le changement climatique, est-il raisonnable d’implanter une centrale solaire si proche d’un massif boisé ? et si proche de zones densément peuplées ? L’expérience a montré qu’il est quasi impossible d’éteindre un incendie qui touche une centrale solaire… !!!
A l’heure où l’on doit réduire l’artificialisation des sols, il est essentiel de développer les projets de centrales solaires sur des espaces déja artificialisés (toitures, parkings…). Certes la progression d’électricité solaire sera peut-être un peu moins rapide, mais la France produit actuellement plus d’énergie électrique qu’elle n’en consomme, et les vrais leviers sont ceux de la sobriété (réduire notre consommation d’énergie) et de la transition des véhicules à essence vers d’autres formes de mobilités… Si la zone est inculte aujourd’hui nous pourrions en avoir besoin demain, et le sol est précieux : les travaux archéologiques, le passage répété des engins, les matériaux utilisés et leurs émanations possibles vont nécessairement avoir un impact… (cf centrale située en bord de RN20 à St Cyr en val, qui a très fortement dégradé les sols et les habitats d’une zone humide).
« Quand nous aurons tout consommé de la terre, nous nous apercevrons que l’argent ne se mange pas… »
M. C.
A. M.
Le 24/05/2026 à 20:07
Monsieur le Commissaire enquêteur,
Je souhaite m’exprimer en tant que personne et riverain s’opposant au projet photovoltaïque pour lequel vous avez été chargé de recueillir les avis. Je parcours les sentiers du Bois Semé depuis mon enfance et connais le terrain depuis des décennies. Je suis opposée à ce projet photovoltaïque au sol parce qu’il me semble essentiel de défendre un patrimoine naturel qui appartient à l’ensemble de la collectivité.
La zone d’implantation envisagée se situe à la lisière entre la forêt et la ville, domaine que fréquentent une faune et une flore typiques des milieux ouverts, semi-ouverts et forestiers. Cet espace apporte donc, localement, une richesse en termes de biodiversité dont nous profitons en tant que riverains, promeneurs, naturalistes, voire chasseurs. Ces espèces animales et végétales (telles que 188 espèces de plantes indigènes, 58 espèces d’oiseaux, 13 espèces de chauves-souris, 21 espèces de papillons diurnes) sont recensées dans l’étude d’impact adossée au projet. Ce recensement est d’ailleurs très loin d’être exhaustif au regard des observations que j’ai pu faire sur cette zone d’étude. Donc je m’interroge sur sa pertinence…
Plusieurs espèces citées sont à enjeu régional, dont 4 espèces végétales considérées « rarissimes » en Centre-Val de Loire. Auxquelles s’ajoutent 4 espèces d’oiseaux nicheurs, dont la pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) qui va se retrouver « engrillagée » -tout comme l’alouette lulu (Lullula arborea)- au centre des panneaux photovoltaïques, alors que cette Pie-grièche est soumise à un Programme National d’Action (PNA) financé par le gouvernement.
Il n’existe à ce jour aucune étude prouvant que cette mesure d’évitement fonctionne et que les oiseaux n’abandonneront pas leur site de nidification suite aux travaux. Idem avec les plantes qui vont simplement être déplacées, sans certitude qu’elles survivront au changement d’implantation.
L’oedicnème ème criard (Burhinus oedicnemus) fréquente également ce site et fait l’objet d’un suivi scientifique de surveillance de ses populations au niveau national par le Programme National Œdicnème criard. Ce ne sont que des exemples précis d’espèces car d’autres espèces nicheuses ne sont pas considérées dans l’étude d’impact alors qu’elles peuvent être à enjeu comme le tarier pâtre (Saxicola rubicola), la linotte mélodieuse (Linaria cannabina), la fauvette grisette (Curruca communis) ou encore l’hypolaïs polyglotte (Hippolais polyglotta).
Les enjeux que représentent ces espèces devraient donc être reconsidérés, bien au-delà des statuts de conservation régionaux, car, au niveau national, ces oiseaux sont reconnus comme étant des espèces avec une forte valeur patrimoniale ou d’intérêt particulier et, malheureusement, en déclin.
L’étude d’impact mentionne très peu de rapaces alors que le site est également fréquenté par des rapaces nicheurs aux alentours qui viennent y chasser, et que nous observons depuis des années, comme le Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus), l’Autour des palombes (Astur gentilis), le Busard Saint Martin (Circus cyaneus), la Bondrée apivore (Pernis apivorus), ou encore l’épervier d’Europe (Accipiter nisus). L’aigle botté (Hieraaetus pennatus) y a également déjà été observé à plusieurs reprises en migration au mois de mars !
L’étude d’impact recense également 13 espèces de chauves-souris, or ce parc serait installé précisément sur leur zone de chasse. Nous savons que ces installations photovoltaïques modifient la qualité du sol, de la végétation, des conditions environnementales générales, et réduit significativement les capacités d’évolution des chauves-souris. Elles perturbent les écholocations des chiroptères, et sont susceptibles d’entraîner des collisions et une mortalité accrue chez ces mammifères dont les populations sont déjà très fragiles.
De plus, il nous apparaît que l’étude d’impact omet un sujet important : ce parc va être soumis aux Obligations Légales de Débroussaillement (OLD). Or l’étude d’impact comporte une formule qui interroge : « aucun débroussaillement » associé au projet. Cette mention est de fait mensongère car la loi exige depuis l’arrêté du 20 mai 2025, un défrichement sur 50 m autour de celui-ci, au niveau de la zone boisée qui abrite notamment des gîtes à chiroptères et des espèces d’oiseaux protégées !
La DREAL n’a émis aucun avis sur le dossier, ni favorable ni défavorable. L’on considère donc, par défaut, que l’autorité administrative consent au projet. Or ce positionnement est révélateur et témoigne que l’intérêt et l’impact sur la biodiversité n’ont pas été correctement étudiés. Les points soulevés précédemment démontrent, à l’évidence, que tous les impacts sur la biodiversité n’ont pas été mesurés à la hauteur des enjeux.
De fait, il apparaît évident que l’impact du projet devrait être réétudié avec davantage de considération. Je regrette, à l’instar d’autres riverains opposés au projet, que la Préfecture soutienne ce type de construction alors qu’elle devrait favoriser davantage les projets photovoltaïques installés sur des bâtiments industriels, lesquels ne détruisent ni nos paysages, ni notre biodiversité.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Commissaire enquêteur, l’expression de mes respectueuses salutations.
A. M.
Virginie Bourget
Le 01/06/2026 à 15:14
Monsieur,
Un projet de champ photovoltaïque au lieu-dit « Bois Semé » a été voté par le conseil municipal d’Olivet.
A ce jour une enquête publique permet d’exprimer son avis sur le projet auprès d’un commissaire enquêteur présent en mairie jusqu’au 5 Juin 2026.
A cette occasion une pétition pour signifier son refus du projet recueille de nombreuses signatures.
Malheureusement aucune information relative à ce projet n’a été diffusée aux riverains, seuls les locataires occupant un hameau de trois maisons, appartenant propriétaire foncier, ont été informés.
Selon l’un d’eux, une réunion publique aurait eu lieu en 2024, rassemblant évidemment très peu de personnes.
Pour nous, le slogan de « Ville à la campagne » risque de ne plus pouvoir s’appliquer.
En effet ce projet met en péril l’espace naturel proche pour de nombreux habitants, qui trouvent pourtant un lieu de ressourcement essentiel quand ils se promènent aux Quatre Vents.
Même s’Il faut malheureusement admettre que la friche du bois semé, est facile d’accès, et qu’à l’entrée du chemin, certains se garent pour être à l’abris des regards, ou y font des dépôts sauvages …
Ce chemin communal, qui borde le futur chantier et la forêt privée attenante, permets aux uns et aux autres se promener en famille ou avec leur chien, de faire un footing ou tout simplement de décompresser après longue une journée de travail.
Chacun pourra en témoigner, Il n’est pas rare d’y croiser une grande variété d’animaux :
Petits et grands mammifères, oiseaux, reptiles et insectes.
La liste non exhaustive été dressée lors de l’étude d’impact et comprend parmi les oiseaux :
Le Tarier Pâtre, la Linotte Mélodieuse, la Fauvette Grisette ou encore l’Hypolaïs Polyglotte, le Circaète Jean-le-Blanc, l’Autour des Palombes, le Busard Saint Martin, la Bondrée Apivore, l’Epervier d’Europe, L’Aigle Botté, la Mésange Lulu, Martinet …
Ces oiseaux sont reconnus comme des espèces avec une forte valeur patrimoniale ou d’intérêt particulier et malheureusement en déclin.
Mais il y a surtout la Pie-Grièche écorcheur, oiseau migrateur, qui va se retrouver « engrillagée » au centre des panneaux photovoltaïques, alors que cette espèce est soumise à un Programme National d’Action (PNA) financé par le gouvernement.
En effet l’obligation de préservation oblige le constructeur à installer les panneaux autours du nid sans le détruire pourtant leur espace de nourrissage sera largement modifié.
Pour ce qui est des plantes rares bénéficiant d’un arrêté de protection, il est prévu de les déplacer (en croisant les doigts pour qu’elles s’adaptent à leur nouvel environnement) …
Il y a également les treize espèces de chauves-souris qui se nourrissent dans cet espace ouvert et qui nichent dans les arbres creux, dont la mortalité sera sans doute augmentée par le champ photovoltaïque à cause des collisions qu’ils favorisent.
Là aussi, l’obligation de n’abattre que les arbres situés autour de leur nichoir, tout en éliminant leur lieu de nourrissage est une insulte au bon sens.
C’est donc avec le soutien de la mairie, qu’un particulier, non résident de la commune, mais propriétaire du terrain de 28 Hectares en bordure du cimetière du Bois Semé et de la forêt de Sologne, a initié ce projet mené par l’entreprise Montpelliéraine, VALECO.
Ce projet prévoit l’installation de panneaux solaires de quatre mètres de hauteur sur une surface agricole non cultivée à l’entrée sud de la commune d’Olivet, de part et d’autre de la bretelle d’accès à l’autoroute, la D2271.
Comme chacun sait, un incendie dans des panneaux solaires étant impossible à éteindre, l’Obligation Légale de Déboisement s’applique obligatoirement sur 50 mètres autour de l’édifice.
La forêt du sud d’Olivet, qui borde ce terrain sera donc impactée ainsi que le quartier Belle Croix, le quartier de La Jarry et du Bois Semé.
Le préfet de la région Centre Val de Loire avait portant pris en 2016, un arrêté relatif à la création d’une Zone Agricole Protégée (ZAP) de 322 hectares, sur le territoire de la commune d’Olivet et une partie de ces parcelles sont concernées…
La protection de la biodiversité est des espaces naturels est un enjeux national important car celle-ci a été fortement impactée depuis au moins deux générations (disparition de la moitié des oiseaux et des insectes dans nos campagnes) ce lieu doit donc être préservé.
La friche du Bois Semé qui n’a pas été exploité depuis de nombreuses années est aujourd’hui riche de nombreuses espèces formant un écosystème fragile et unique dans ce périmètre.
A ce jour ce sont 110 personnes qui ont signé la pétition contre la destruction de cet espace naturel, nous attendons votre soutien afin qu’une alternative soit proposée.
Pour le bien commun, nous demandons donc le classement de cette espace en zone protégée.
Cordialement,
Virginie B.
François Le Moing
Le 05/06/2026 à 00:55
Monsieur le Commissaire Enquêteur,
Je vous fait part de mon avis défavorable au projet de centrale solaire dans le quartier du Bois Semé – 4 vents dans la commune d’Olivet (Loiret), Ste SASU Centre Solaire d’Olivet
Tout d’abord, je suis plutôt favorable aux énergies renouvelables, selon le contexte local, les conditions de réalisation et leurs impacts.
Pour des centrales de petite ou moyenne taille dans un environnement urbain ou péri-urbain, sur des emprises urbaines (terrains déjà bâtis) ou exploitations agricoles déjà existantes, des maisons individuelles et résidences, exemple dans des écoquartiers, et zones d’activités économiques…)
Mais pas sur des espaces naturels protégés ou redevenus naturels avec une biodiversité certaine.
Voici donc mon opinion sur ce projet :
Un impact destructeur de biodiversité
Comment peut-on conclure qu’un projet de cette ampleur n’engendre aucun impact résiduel nécessitant une compensation ?
Dans son » Etude d’impact sur l’environnement, projet d’installation d’une centrale agrivoltaïque au sol, commune d’Olivet, (Loiret) ADEV Environnement (Groupe RSK) pour Valeco affirme : » Sur le plan des habitats naturels, le projet n’aura aucun impact sur les habitats naturels. «
Je crois le contraire. En effet, les données collectées témoignent de la richesse de la biodiversité du site et de son importance locale et comme zone de transition écologique entre le Val de Loire et la Sologne. En plus, l’inventaire n’est pas complet. Je partage le point du vue de personnes comme Aurore Mignan qui ont les compétences nécessaires dans ce domaine.
Aussi, selon moi, les conclusions relatives à l’absence des impacts ou leur minimisation et à l’absence de compensation écologique ne sont pas justifiables.
La végétation se développe sur les quatre secteurs. Ce qui est favorable pour l’humus et l’enrichissement du sol naturel.
Je trouve que l’étude d’impact n’a pas été menée correctement, et qu’elle a négligée les conséquences de l’implantation de cette future production d’électricité solaire d’un volume industriel.
Ces études, de part leurs conclusions, sont orientées en faveur du projet.
Cela ne correspond pas à la réalité du terrain que j’ai pu constater ces deux derniers jours (photos et vidéos à l’appui). Quels sont ceux des décideurs du projet qui sont allés sur place pour mieux juger de la situation ?
Il suffisait d’aller sur les sites cette semaine pour voir la richesse écologique des terrains.
Contraire à l’engagement en faveur de la Biodiversité de la commune d’Olivet
« La Ville d’Olivet a reçu la reconnaissance Territoire engagé pour la nature pour la période 2024-2026. Le programme « Territoires engagés pour la nature » vise à faire émerger, reconnaître et valoriser des plans d’actions en faveur de la biodiversité. Il s’adresse aux communes et intercommunalités quelle que soit leur taille, qu’elles soient débutantes ou initiées en matière de biodiversité. » Cette annonce est visible sur le site web de la commune (rubrique Cadre de Vie/Environnement/Biodiversité/Territoire engagé pour la nature) :
Une terminologie qui rabaisse
Le terme de friche est vu dans le projet d’une façon péjorative. Mais les quatre espaces concernés par le projet ne sont pas de simples terrains vagues composées d’ « herbes folles » et de « quelques ronces ». La Banque des Territoires parle essentiellement de friches succédant à des activités humaines, non agricoles. https://www.banquedesterritoires.fr/questions-reponses/friche-definition
Suppression de la captation (fixation) de gaz carbonique
La destruction d’une importante végétation supprimera fortement la captation du gaz carbonique et ce n’est certainement pas l’herbe tondue par les moutons qui pourra compenser le « poumon vert » dont nous avons tant besoin. Les porteurs du projet ont il quantifié scientifiquement les niveaux, avant et après destruction de la végétation existante, de cette fixation du carbone ? Je ne l’ai pas lu dans les documents disponibles.
Danger des panneaux solaires pour la faune
Cela n’est pas pris en compte (les insectes et les oiseaux aquatiques sont attirés par les reflets de lumière polarisée provenant des panneaux solaires).
cf. l’étude scientifique de P.A. Fleming « All that glitters – Review of solar facility impacts on fauna » publiée en anglais dans la revue Science Direct :
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1364032125006689 ).
Détournement du concept d’agrivoltaïsme
Le projet CS Olivet est l’inverse du concept d’agrivoltaïsme et prend prétexte d’une future pâture pour les moutons pour implanter une centrale solaire de grande ampleur sur un espace écologique. Au contraire, le principe de l’agrivoltaïsme c’est d’installer des panneaux solaires sur des surfaces agricoles déjà existantes.
Je cite l’INRAE qui a créé ce concept et continue de le développer : « L’agrivoltaïsme apporte de nouvelles réponses puisque les panneaux solaires sont installés sur des surfaces agricoles déjà cultivées « . La destructions d’espaces naturels riches en biodiversité n’est donc pas le but. sources : https://www.inrae.fr/dossiers/agriculture-forets-sources-denergie/lagrivoltaisme-voie-lavenir et https://www.inrae.fr/dossiers/agriculture-forets-sources-denergie/panneaux-oui-pas-trop
Une GAEC bio mais une riche biodiversité détruite
Cette exploitation agricole familiale est labelisée Bio. C’est une bonne chose. Mais alors comment ses propriétaires acceptent-ils de participer à un projet qui va détruire une telle biodiversité ?
Bien être animal pour les ovins mais pas pour la faune ?
Pourquoi une exploitation basée à Ouzouer-sur-Loire et présente à Coullons développe-t-elle son activité ovine à Olivet plutôt que sur d’autres surfaces plus proches de son centre d’exploitation ?
La démonstration du caractère réellement indispensable de ce site d’Olivet pour le développement agricole du GAEC Sainte-Marie ne me convainc pas.
Cela va générer du transport routier et donc de la pollution. Distance environ 100 à 120 km aller/retour Ouzouer/Olivet. Quel calcul a été réalisé sur l’impact de ces trajets ?
Des bénéfices locaux pas visibles
D’après ce que je comprends du dossier , la production d’électricité bénéficiera à une entreprise du secteur privé. Mais quel en sera le bénéfice pour les habitants, notamment les riverains ?
Pourquoi artificialiser ou clôturer environ 24 ha pour produire de l’électricité alors qu’il existe aussi des modèles fondés sur les toitures, les parkings, l’autoconsommation collective et les investissements citoyens ?
Quel modèle énergétique souhaite-t-on privilégier localement ? Nos besoins sont d’abord locaux pour de meilleures conditions de vie et lutter contre le réchauffement climatique.
Une méthodologie insuffisante
Un projet lancé il y a plusieurs années mais une annonce tardive au public et seulement deux mois pour exprimer son avis à la Préfecture (délai certes légal). Ce n’est pas assez. Absence d’avis de la part d’organismes concernés par la biodiversité, l’aménagement du territoire : MRAE, DREAL OFB, Loiret Nature Environnement, Sologne Nature Environnement, LPO
Communication graphique défavorable.
La végétation y est représentée comme faible ou presque absente (cf. carte des parcelles en gris, commentaires sur les photos), lacunes dans les inventaires.
Absence de synthèse pour une meilleure compréhension du public.
Le volume de documents et la présentation technique du projet rend sa lecture très difficile pour le public en général.
Les études publiées dans ce dossier sont commandées et financées par le porteur du projet lui-même. Sont elles totalement objectives ou d’une qualité suffisantes ?
Le porteur et les partenaires du projet sont ils réellement soucieux de préserver la biodiversité et le cadre de vie et l’intérêt collectif local ?
Au regard de la communication publique sur le projet (lacunes dans les annonces et l’expression des avis tiers) et des éléments fournis au public, je ne le crois pas.
Plus globalement, comme Orléanais et Ligérien, je m’inquiète du développement de ce type de sites industriels d’énergie dans le Val de Loire, dont les espaces naturels et terres agricoles diminuent.
Voilà les raisons qui expliquent que je suis défavorable à ce projet de la Sté SASU Centrale Solaire d’Olivet.
Un ou des projets alternatifs doivent être possibles à la place de ce parc solaire démesuré et destructeur d’environnement.
Vous remerciant pour avoir écouté mon opinion,
Veuillez recevoir, Monsieur le Commissaire Enquêteur, mes respectueuses salutations,
François L. M.
Ingrid Blanc
Le 05/06/2026 à 01:23
Monsieur le Commissaire enquêteur,
En tant que naturaliste et licenciée en Biologie des Organismes des Écosystèmes et Écologie, j’ai pris le temps d’étudier minutieusement ce projet agrivoltaïque sur la commune d’Olivet.
Je ne suis pas habitante d’Olivet, mais les enjeux de préservation de la biodiversité dépassent largement les limites d’une commune et justifient pleinement que chacun puisse s’exprimer sur ce type de projet.
- Une friche n’est pas un terrain vide
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, une friche n’est pas un terrain vide avec quelques herbes folles.
L’inventaire faunistique et floristique du projet a identifié 341 espèces animales et végétales dans les groupes étudiés. Cela signifie qu’il y en a bien davantage qui n’ont pas été recensées. Parmi ces espèces, il y en a 54 de protégées et 21 avec enjeux de conservation, écologiques et réglementaires. 17 habitats ont été identifiés. Cette multitude d’habitats participe à la richesse de sa biodiversité, car certaines espèces sont spécifiques à certains habitats.
- Une vision trop centrée sur les espèces à enjeu
Bien que l’aspect réglementaire soit fort intéressant et ait permis de mettre en lumière la présence de toutes ces espèces identifiées, je déplore que la réglementation se focalise sur les espèces à plus fort enjeu. Ce qui est important, c’est l’ensemble de l’écosystème. Les espèces communes ont aussi un rôle écologique.
- Le rôle écologique de cette friche
Cette friche offre une mosaïque d’habitats permettant l’installation d’une grande diversité d’espèces animales et végétales, qui sont interconnectées. Elle constitue un véritable réservoir de biodiversité.
Un écosystème ne se résume pas à une liste d’espèces. Il repose sur une multitude d’interactions entre les êtres vivants et leur environnement. La disparition d’une partie de ces interactions a des conséquences sur l’ensemble du fonctionnement du milieu et cela est largement sous-estimé au niveau impact global.
Cette friche présente des prédateurs naturels susceptibles de participer à la régulation des espèces pouvant impacter les cultures. Cet aspect me paraît particulièrement important dans un territoire marqué par l’horticulture et l’arboriculture. La conservation d’espaces naturels proches des zones cultivées représente un atout écologique et agronomique souvent sous-estimé.
- Une nature proche des habitants
Cette friche est un espace de respiration aux portes d’Orléans. Les habitants aiment s’y promener en famille, avec leurs enfants, avec leur chien, écouter les oiseaux et prendre des photos. Ce lieu permet un contact avec la nature, ce qui, outre le ressourcement, est essentiel pour se reconnecter au monde vivant dont nous faisons partie, dont nous dépendons et pour avoir envie de le protéger.
La préservation de ce lieu est d’autant plus précieuse dans un contexte d’avancée de l’urbanisation.
- Énergie renouvelable oui, mais pas n’importe où
Je suis favorable au développement des énergies renouvelables, mais pas au prix du sacrifice des espaces naturels et de la biodiversité. C’est un non-sens écologique. Ce projet participe à la destruction des habitats, impacte les écosystèmes et nous-mêmes !
On remarque ces impacts : disparition des pollinisateurs (oui il n’y a pas que les abeilles domestiques qui pollinisent les fleurs), problématiques de ravageurs de culture à cause du manque de prédateurs naturels, fertilité des sols, imperméabilisation des sols (lessivage, coulées de boue et inondations), bouleversement des chaînes alimentaires / problématiques de régulation naturelle des populations, résilience des milieux, etc…
Ce genre de projet fleurit un peu partout sur le territoire, alors qu’il y a d’autres possibilités d’implantation qui respectent l’environnement, notamment sur des surfaces déjà artificialisées telles que les toitures, parkings ou friches industrielles. Cela est d’ailleurs beaucoup plus discret dans le paysage.
Il est temps de se rendre compte que l’avenir nous le construisons maintenant en validant ou en refusant ce genre de projet. Faisons les bons choix pour léguer à nos enfants une planète avec des forêts, des friches, des espaces naturels où on peut découvrir une multitude d’animaux et végétaux, se ressourcer, respirer du bon air et s’émerveiller du vivant.
Quand il n’y aura plus de Nature, il sera trop tard pour s’en préoccuper. Sur cette friche, la vie est revenue. Respectons-la et partageons la planète avec tous les autres êtres vivants qui l’habitent de manière aussi légitime que nous-mêmes. C’est ça faire partie d’un écosystème : comprendre que nous dépendons des interactions du vivant autant que les autres espèces qui l’habitent. La destruction des habitats n’affecte pas seulement les espèces qui y vivent. Elle fragilise également les équilibres écologiques dont nous dépendons nous-mêmes.
Conclusion
Nous avons encore le choix.
Le choix de préserver cet espace vivant plutôt que de le sacrifier.
Le choix de protéger la biodiversité, plutôt que de la faire reculer encore un peu. En effet, elle est bien mise à mal depuis des dizaines d’années avec nos activités anthropiques comme les traitements phytosanitaires et la destruction des habitats.
Le choix de montrer que la transition énergétique peut se faire en respectant l’environnement et toute la vie qui y vit.
Pour ces raisons, j’émets un avis défavorable à ce projet.
Je vous remercie de l’attention portée à cette contribution.
Cordialement,
Ingrid B.
Florent Bourget
Le 05/06/2026 à 15:55
Bonjour Madame,
En complément à mon précédent message, je vous prie de trouver en pièce jointe un courrier détaillant ma réflexion depuis le 4 mai dernier.
Je vous prie de porter ce document à la connaissance du commissaire enquêteur comme contribution à l’enquête publique en cours pour le projet agrivoltaique à Olivet chemin du bois Semé.
Respectueusement
Florent B.
Virginie Bourget
📚 Documents sources
Les principales sources utilisées pour cette synthèse sont :
- Étude d’impact environnementale, notamment :
- Volet flore
- Volet faune
- Habitats naturels
- Étude réglementaire biodiversité
- Résumé Non Technique
➡️ L’ensemble des pièces du dossier est consultable sur le site officiel de l’enquête publique.
Vous pouvez également y consulter les avis déjà déposés.
🤝 Le collectif
« Bois Semé des 4 vents » est le collectif qui s’est monté pour défendre la friche d’Olivet – collectif4vents@gmail.com
🙋 Autrices et Auteur
📸 Photographies animales et observations de terrain : A. M., naturaliste et riveraine d’Olivet
📸 Photographies végétales et vidéos : François Le Moing, voisin d’Olivet
📸 Photographie : Virginie Bourget, riveraine d’Olivet
🌿 Analyse du dossier, synthèse, vulgarisation scientifique, stratégie et support de communication (flyer, tableau, montage vidéo et article) : Ingrid Blanc – La Part du Phénix – Licenciée en Biologie des Organismes des Ecosystèmes et Ecologie – Photographe animalière et macro – Naturaliste – Animatrice Nature
